L'OPPIDUM DE CABREDOR

22 mai 2017 - 16:37

OPPIDUM DE CABREDOR :

L’oppidum de CABREDOR est situé à l’extrémité nord du massif cristallin de la forêt de Colobrere, au sud de l’Argens. Dominant une boucle de ce fleuve côtier, il culmine à 218 mètres et bénéficie d’un vaste panorama.

Le choix du site pourrait ainsi s’expliquer par la possibilité de contrôle d’une piste, qui partant de la dépression pernienne, traverse l’Argens par un gué situé au pied de l’oppidum, puis empruntant la ligne de crête vers le golfe de Saint-Tropez, permet d’atteindre à travers les Maures la mer Méditerranée.

Il existe par ailleurs 50 mètres en contrebas de l’oppidum une source pérenne pouvant assurer l’approvisionnement en eau l’habitat.

Le débroussaillement a permis une meilleure prospection au sol et un relevé des structures.

L’enceinte : le sommet arrondi de la colline n’offrant pas de défense naturelle, un rempart la ceint entièrement, délimitant une surface dont l’étendue est estimée à 1600 m². Sa forme est oblongue et irrégulière. Son grand axe nord-sud mesure 65 mètres et sa largeur maximale 30 mètres.

L’enceinte est édifiée sur un terrain à forte dénivellation sauf au nord, où elle est précédée d’un avant-fossé entaillant la ligne de crête.

Cette fortification se compose d’une courtine en mur simple, dont l’épaisseur totale varie autour de 1,20 mètre.

La base du mur est posée sur le substrat, sans tranchée de fondation.

La pente du sol est simplement horizontalisée pour le lit de pose de chaque pierre. L’élévation conservée de cet ouvrage n’atteint jamais plus de 50 cm. Il n’y a ni assise, ni plan de réglare. Les parements intérieurs et extérieurs sont en appareil irrégulier, en moellons de schiste prélevés sur place et bruts d’extraction.

Dans le rempart sud on retrouve quelques gros blocs de tuf étrangers au site, et prélevés en contrebas dans le cous de l’Argens. Le blocage intermédiaire est constitué de pierrailles et d’un liant argileux jaunâtre provenant du délitement des schistes.

A l’ouest, les structures en place suggèrent pour la courtine une élévation minimale de 4 mètres. Des cônes d’éboulis plus important pourraient évoquer un renforcement de la courtine dans son angle nord-est et au sud par des bastions ?

L’unique accès reconnu à l’oppidum se situe au sud de la courtine est. Il s’agit d’une porte de type « à recouvrement », c'est-à-dire qu’elle est formée par le cheminement parallèle sur 2,2 mètres des deux courtines. Le passage est large de 1,10 mètre et elle ne devait pas permettre le roulage. Le système de fermeture n’a pas été retrouvé.

 Cette porte n’est protégée par aucun saillant de la courtine. Mais pour y accéder l’arrivant devait présenter son flanc droit, ce qui traduit dans sa conception un sens de l’art militaire.

Aucune construction ne s’appuie à l’intérieur contre le rempart. Un espace libre continu court en dedans du parement interne du rempart.

C’est cette lice qui autorisait la circulation nord-sud entre le rempart et les îlots d’habitation qui ne permettent qu’une circulation est-ouest.

L’espace à l’intérieur est un habitat groupé présentant une distribution régulière des structures. Le groupement des édifices se fait en îlots organisés selon les contraintes du terrain et les axes des limites de l’oppidum.

Les quatre cellules se superposent en gradins, selon la pente est-ouest avec un dénivelé de plus de 2V mètres. Le grand axe nord-sud des structures individuelles s’alignent sur celui de l’oppidum.

Ces pièces s’organisent sur une rue de sens est-ouest perpendiculaires à la lice.

Chaque cellule couverte est indépendante sans locaux annexes et doit correspondre à une unité domestique.

Toutefois le caractère lacunaire des observations des archéologues sur l’aménagement interne rend l’identification hypothétique.

L a forme des habitats est assez uniforme. Les plans sont trapézoïdaux. Les surfaces couvertes s’échelonnent entre 8 et 14 m².

Chaque unité d’habitation est séparée de ses voisines par un intervalle variant de 30 à 60 cm. Il n’y a aucun mur mitoyen à deux cellules.

La distribution de ces espaces libres est telle qu’ils ne pouvaient pas servir pour la circulation.

Il pourrait s’agir de rigoles d’écoulement pour les eaux pluviales.

Aucune pièce n’a une surface suffisamment importante ou une organisation interne qui pourrait évoquer un édifice public ou communautaire.

Bien que le plan de l’oppidum ne soit pas complet et ne permette pas encore une compréhension globale de l’organisation de l’habitat, il existe de grandes surfaces libres, qui pourraient correspondre à des cours domestiques.

Bien que l’occupation du dite ait été de courte durée, on relève une réfection de sol dans une pièce, mais aucune reconstruction.

En ce qui concerne les techniques architecturales de l’habitat, elles ont été défini par les archéologues présents.

Les structures verticales sont des murs porteurs, qui permettent de répartir uniformément les contraintes de l’habitation.

On ne distingue plus que les soubassements en pierres liées à l’argile crue le couleur jaune. Leur largeur est partout à peu près identique. Leurs deux parements sont constitués de moellons de schiste, non équarris et extraits sur place.

Ils sont parfois plantés de chant, l’un contre l’autre, laissant une place pour un blocage intermédiaire. Les murs ne sont pas liés entre eux aux angles. Aucun exemple de chaînage n’a été observé. Aucun trou de poteau n’est attesté.

Le matériau des élévations devait être la terre crue, vraisemblablement brique crue moulée. Ceci expliquerait que les effondrements des murs soient presque constitués en totalité par de l’argile , les pierres restent très rares.

En ce qui concerne les structures horizontales , on ne peut dire si les sols sont en terre battue sur place, ou en terre rapportée et damée, car la dégradation du substrat donne une argile de même qualité que celle retrouvée au pied du site. Il semble qu’il y ait eu parfois une préparation du sol avec remblai de pierrailles. Les toits n’ont laissé aucune trace.

Les portes devaient être aménagées avec des seuils de pierres, qui se continuent avec la base en pierre des murs. Ces ouvertures devaient donner sur l’extérieur dans les rues ou les cours par un petit côté des pièces.

Du fait du ravinement des sols, l’aménagement interne des pièces est mal conservé. Il est donc difficile d’appréhender l’espace domestique.

Dans la maison aucun découpage de pièce n’est relevé.

Une structure en pierres liées à l’argile, et disposée sur une seule assise est systématiquement retrouvée. De plan carré, cette banquette d’angle court le long d’un petit côté de la cellule.

Basse et de petite dimension, elle fait penser à un soubassement d’un dispositif isolateur pour un mode de stockage, pour une resserre à provisions servant aux besoins alimentaires familiaux.

D’interprétation difficile, un radier de pierres rubéfiées et éclatées, de 25 cm de diamètre, légèrement surélevé par rapport au sol, près d’une porte, pourrait évoquer une structure de cuisson, qui symbolise l’espace domestique .

On pourrait enfin assigner la destination de support de récipients, à deux pierres plates, disposées à la surface du sol le long d’un mur d’une pièce, car l’emplacement latéral ne peut s’expliquer par une fonction architecturale par exemple support de poteau.

Aucun indice d’aménagement domestique extérieur n’a été découvert , mais des objets céramiques retrouvés brisés au pied du mur externe d’une cellule témoignent d’une activité domestique .

Ce travail a entièrement été réalisé par FRANCK DUGAS et J. BERATO .

Je demanderais à FRANCK de me montrer le site comme les autres encore visibles.

Cette explication provient des archives archéologique .

CHARLY

 

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